Budget de l’AEFE : Il y a urgence, mobilisons-nous !

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Ecole

Mes chers compatriotes,

Depuis plusieurs semaines, vous êtes des dizaines à me faire part de votre inquiétude quant à l’avenir du réseau des lycées français à l’étranger.

Sur le terrain, une véritable grogne s’exprime face au massacre du budget de l’Agence pour l’Enseignement français à l’étranger (AEFE).

Le 27 novembre dernier, une grève historique a paralysé une grande partie du réseau, particulièrement en Italie, où le mouvement a été très suivi. Le 16 janvier le Conseil d’Etablissement du Lycée Stendhal de Milan a été boycotté – et invalidé faute de quorum – par les représentants du personnel enseignant et de l’Association des Parents d’élèves. Un préavis de grève a été déposé pour la période allant du 25 janvier au 6 février 2018.

La colère gronde et, avec mon suppléant et conseiller consulaire Alexandre Bezardin, nous partageons votre malaise et vos préoccupations.

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Depuis mon élection en 2013, j’ai toujours essayé d’être particulièrement attentif à l’éducation, sujet prioritaire et crucial pour les familles françaises établis hors de France.

Sous le quinquennat socialiste, le budget de l’AEFE a constamment baissé. 

Hélas, force est de constater que le gouvernement et sa majorité parlementaire LREM poursuivent et amplifient la tendance.

Ouvrons les yeux, et c’est un député de centre-droit qui le dit, on assiste subrepticement à la privatisation de l’enseignement français à l’étranger. C’est désolant.

Député d’opposition, je n’en reste pas moins proche du Chef de l’Etat, qui a plutôt réussi son début de mandat. Pour autant, depuis mon entrée à l’Assemblée, j’ai toujours pratiqué une opposition constructive : à chaque fois qu’une mesure va dans la bonne direction, je la soutiens, quand elle est contraire aux intérêts du pays, je la combats.

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Aussi, le 7 novembre dernier, pendant le débat budgétaire à l’Assemblée nationale, j’ai dénoncé dans l’hémicycle le dépeçage du service public d’éducation à l’international.

33 millions d’euros ponctionnés en plein été ; un budget sacrifié dans la loi de finances 2018 : c’est un nouveau coup dur porté aux Français de l’étranger.

En effet, les conséquences, on les connaît : suppression de postes, baisse de la qualité, explosion des frais de scolarité, exclusion des plus modestes.

Aussi, j’ai défendu bec et ongles une augmentation de 5M€ de crédits pour les bourses scolaires (pour voir la vidéo, cliquez ici )

Par la voix de son Secrétaire d’État, le Ministre Jean-Yves Le Drian m’a répondu avec un engagement très fort s’il est tenu : aucune famille française résidant à l’étranger et entrant dans les critères des bourses scolaires ne serait exclue de leur bénéfice faute de crédits. Je fais confiance au Ministre mais resterai très vigilant sur le respect de cette promesse. 

Une chose est certaine : à chaque fois, je me suis senti bien seul à défendre les intérêts des Français de l’étranger. Comme vous le savez, avec la vague « En Marche », sur les 11 députés sortants des Français de l’étranger, 10 ont été battus en juin dernier par des candidats LREM. Ceux-ci ont généralement brillé par leur absence ou leur silence quand ils n’apportaient pas un soutien aveugle aux projets gouvernementaux.

Je l’ai dit : cette politique est irresponsable alors que l’éducation est affichée comme la priorité du quinquennat et que la population française à l’étranger ne cesse de croître. Surtout, elle contredit les engagements du Président de la République.

Je l’ai répété : cette politique est injuste quand on sait quand dans le même temps, le gouvernement a augmenté le budget 2018 de l’enseignement scolaire de 1,25 Md€, soit, 2,5%…

D’autant que ce n’est pas le premier sacrifice exigé des Français de l’étranger! 

Ainsi, la vingtaine d’associations françaises d’Italie, qui jouent un rôle essentiel de cohésion et que j’ai soutenues activement au cours des dernières années, se retrouvent privées de plusieurs milliers d’euros annuels de subvention suite à la suppression de la réserve parlementaire.

Entre la suppression de la réserve parlementaire, l’augmentation des prélèvements CSG-CRDS sur les revenus du patrimoine et la stagnation des crédits alloués aux bourses scolaires à l’étranger, on finit par croire que le gouvernement LREM nous considère comme une variable d’ajustement budgétaire…

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Avec Alexandre Bezardin, nous avons écrit début novembre au Secrétaire d’Etat en charge des Français de l’étranger Jean-Baptiste Lemoyne pour lui rappeler les engagements de campagne du Président de la République, promesses qu’il a réitérées le 2 octobre dernier devant l’Assemblée des Français de l’étranger.

Le 29 janvier, une réunion est prévue à Paris avec le Secrétaire d’Etat. Je me ferai l’interprète du malaise et des préoccupations des Français de la circonscription quant à l’avenir du réseau AEFE et ferai valoir nos attentes.

J’ai demandé par ailleurs au gouvernement par une question écrite plus de transparence. Il doit rendre public le détail des suppressions et redéploiements de postes d’enseignants pays par pays pour permettre aux établissements d’anticiper et ajuster au mieux l’organisation de la scolarité. Sous le précédent quinquennat, le 5 mai 2015, Madame Annick Girardin, alors Secrétaire d’Etat en charge de la francophonie et du développement, s’y était engagée à ma demande. Sans suites concrètes à ce jour…

Mes chers compatriotes, vous pouvez compter sur ma détermination, ainsi que celle d’Alexandre Bezardin. N’hésitez pas à nous solliciter.

Nous restons à votre disposition et vous prions d’agréer nos salutations chaleureuses et républicaines.

Meyer HABIB

Député de la 8ème circonscription des Français à l’étranger

Vice-Président de la Commission des Affaires étrangères

Chypre – Grèce – Israël – Italie – Malte – Saint-Marin – Turquie – Vatican

 

About Alexandre Bezardin

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