Budget du réseau de l’Agence pour l’enseignement du français à l’étranger

RÉSEAU DE L’AGENCE POUR L’ENSEIGNEMENT DU FRANÇAIS À L’ETRANGER

AEFE

 

Réseau AEFE

 

Avec plus de 163 millions d’euros d’autorisations d’engagements supprimés (cf. décret JO du 21 juillet 2017), la mission « action extérieure de l’état » a vu son budget sacrifié dans un silence assourdissant en plein milieu de l’été !

Cette décision surprise a été également précédée d’une autre annonce tout aussi surprenante avec la suppression des 3,5 millions d’euros de l’ancienne réserve parlementaire, qui était un outil majeur permettant de soutenir des initiatives locales et s’avérait d’autant plus essentielle pour les projets de nos compatriotes de l’étranger que ceux-ci ne pouvaient naturellement pas compter sur l’appui financier de collectivités locales comme c’est le cas en France.

Les répercussions seront d’autant plus importantes qu’elles concernent directement le réseau des établissements français à l’étranger et par conséquent les bourses scolaires pour les familles françaises les plus démunies.

D’une part ces budgets servaient aux financements d’Associations comme l’Alliance Française, ou d’Ecoles (via l’AEFE), mais c’est tout le budget de la diplomatie et de l’action culturelle à l’étranger qui a essuyé un nouveau coup de rabot.

 La suppression des 163 millions d’euros d’autorisations d’engagements pour la mission “action extérieure de l’Etat” se décompose de la manière suivante :

  • Programme 105“action de la France en Europe et dans le monde” : 
    • 91,2 millions d’eurosen Autorisations d’Engagement et 95,4 millions d’euros en Crédits de Paiement
  • Programme 185“diplomatie culturelle et d’influence” :
    • 60 millions d’eurosen Autorisations d’Engagement et en Crédits de Paiement
  • Programme 151“Français de l’étranger et affaires consulaires” :
    • 12,1 millions d’eurosen Autorisations d’Engagement et 10,4 millions d’euros en Crédits de Paiement

L’Agence pour l’Enseignement du Français à l’Etranger (AEFE), qui scolarise près 350 000 élèves dans 492 établissements homologués et dont son budget ne cesse de diminuer depuis 2012, est déjà financée à 80% par les frais de scolarité à la charge des familles françaises et étrangères.

A ce jour, l’AEFE se trouve dans une situation délicate avec l’annulation des crédits du programme 185 qui l’oblige à trouver 33 millions d’euros en cours d’exercice (2017), sur un budget de 374 millions d’euros, dont 70% représentent la masse salariale dans les établissements.

Pour arriver à financer les 33 millions d’euros, il est fort probable que l’AEFE ira chercher l’argent en augmentant les frais de scolarité et puisera dans les fonds des Établissements en gestion directe (EGD), alimentés également par les familles. La baisse des crédits est évaluée à 60 millions d’euros sur deux exercices ! 

Quant aux bourses scolaires, l’inquiétude est forte sur le maintien de l’enveloppe budgétaire qui est de l’ordre de 110 millions d’euros.

 

Conséquences pour l’AEFE

 

  • Un déséquilibre financier provoqué par la coupe budgétaire brutale de 8% de son budget survenue cet été et de l’augmentation mécanique de la part patronale des pensions civiles payées par elle ;

Impact budgétaire sur les ressources et fonds propres des établissements en gestion directe et conventionnés : près de 55 millions d’euros ! (54,4 millions €)

L’augmentation de la contribution des établissements à l’AEFE devrait passer de 6% du montant des frais de scolarité perçus, à 9% pour tous les établissements en gestion directe et conventionnés, avant de redescendre à 7,5% en 2019.

  • Impact négatif sur le fonctionnement des établissements qui ont établi leurs frais de scolarité pour 2017/2018 sans tenir compte de cette dépense ;
  • Hausse des frais de scolarité 2018/2019 pour les parents ;
  • Impact pour les bourses scolaires dont la dotation est stable et ne tient donc pas compte de ces mesures ;
  • Retrait des enfants du Réseau AEFE.

Enfin, il semblerait que l’on assiste également à la fermeture de 80 postes d’expatriés et 100 postes de résidents pour l’année scolaire 2018/2019…

    • Baisse du nombre de contrats titulaires de l’Éducation Nationale dans le réseau ;
    • Hausse des frais de fonctionnement pour les établissement payent intégralement les recrutés en contrat local.

 

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