Pouvoir d’achat et fiscalité : les Français paieront au moins 4,5 milliards € supplémentaires en 2018

Après l’Insee, une étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) confirme que le Budget 2018 favorise les familles les plus aisées au détriment des classes moyennes.

Il n’y aura pas de baisse des impôts en 2018 pour les ménages. les Français paieront au moins 4,5 milliards d’euros d’impôts  supplémentaires en 2018.

 

Globalement, les familles françaises vont perdre 0.3% de leur pouvoir d’achat en 2018 en raison de l’augmentation des prélèvements sociaux et fiscaux. Les baisses d’impôts communiquées et promises par le ministre des Comptes publics, Gérald Darmanin, ne seront donc pas au rendez-vous et peuvent être désormais considérées comme des promesses aventureuses…

 

Concernant les hausses d’impôts :

  • Augmentation de la CSG de 1,7 point soit +20%
  • Augmentation de la fiscalité sur le tabac : +5 %
  • Augmentation de l’énergie : (+10% pour le diesel soit environ 7,6 centimes le litre, moitié moins pour l’essence sans plomb)

 

S’agissant des baisses d’impôts :

  • l’allègement de cotisations sociales des salariés se déroulera en deux temps (-2,2 % en janvier et -0,9 % en octobre) ;
  • la baisse de la taxe d’habitation interviendra en novembre ;
  • la généralisation du crédit d’impôt pour l’emploi à domicile et l’instauration du prélèvement forfaitaire unique sur les revenus de l’épargne s’étaleront au fil des paiements.

 

La différence entre les hausses et les baisses représente 4,5 milliards d’impôts supplémentaires sur l’année pour l’ensemble des ménages.

La quasi-totalité de ces 4,5 milliards vont peser sur une minorité de ménages…Les ménages qui perçoivent entre 2 700 et 3 600 euros net par part fiscale vont perdre sèchement tout au long du quinquennat 0,2 % de pouvoir d’achat. Ce sera donc beaucoup plus en 2018 compte tenu du décalage évoqué plus haut.

Quelques ménages qui perçoivent entre 1 940 à 2 230 euros par part fiscale risquent également de subir une perte de pouvoir d’achat en 2018 ou d’aboutir à un résultat neutre.

En fait, deux grandes catégories de population profiteront des mesures fiscales 2018.

Ainsi les 40 % de retraités aux pensions modestes (14 404 euros de revenu fiscal de référence pour une part, 22 051 pour un couple) ne seront pas du tout touchés par la hausse de la CSG et bénéficieront des allègements de fin d’année. Le trésor évalue leurs gains à 200 € par an.

Au contraire, les 15 % de retraités situés dans les fameux déciles 8 et 9 seront les plus affectés de tous les Français car ils ne bénéficieront pas au dernier trimestre de la baisse des cotisations salariales.

Enfin, l’autre catégorie de gros gagnants se situe au sommet de l’échelle des revenus. Les 10 % de ménages les plus riches parmi lesquels figurent les 350 000 assujettis à l’ISF vont bénéficier de la transformation de celui-ci en impôt sur la fortune immobilière (sauf si leur fortune est strictement foncière) et aussi de la « flat tax » qui s’applique dès le 1er janvier.

 

La première conclusion de l’étude de l’Observatoire français des conjonctures économiques (OFCE) indique que le premier budget du Président Macron n’aura globalement sur l’année 2018 quasiment aucun impact sur le pouvoir d’achat des ménages.

Cette affirmation est en contradiction avec Bercy qui affirmait il y a peu que six foyers français sur dix bénéficieraient cette année de gains de pouvoir d’achat.

Sans tomber dans une analyse technique complète, ce résultat est juste ! Le Budget 2018 joue, en effet, avec le calendrier. Les revalorisations, comme les prestations sociales ou la suppression de la taxe d’habitation, seront étalées dans le temps. Leur effet est donc dilué. En revanche, les hausses sont effectives depuis le 1er janvier.

Le Budget 2018 favorise d’une part, les 5% des ménages les plus favorisés qui vont voir leur pouvoir d’achat augmenter de 1,6%. Soit un gain moyen de 1.730 euros par foyer. Et d’autre part, les moins aisés qui devraient voir le niveau de leurs ressources globalement maintenu.

Les grands perdants sont situés dans le réservoir des cadres, des libéraux, des classes moyennes supérieures qui ont voté majoritairement pour Emmanuel Macron ! C’est désormais une constante, l’essentiel de la charge pèsera sur eux…

 

About Alexandre Bezardin

Pas de commentaire

Laisser un commentaire

Aller à la barre d’outils